Polémique

A Marseille, le burkini nage en eaux troubles

A Marseille, le burkini nage en eaux troubles
  • Marocains partout
  • 05 Août 2016 - 11:35
  • Avec agences

Dans la ville de Marseille, le burkini a fait l’effet d’un pavé dans la mare. Au cœur de la polémique, l’association Smile13. Celle-ci se présente comme une «association culturelle, sportive et d’entraide», qui veut «contribuer à l’épanouissement» des femmes. Si elle fait beaucoup parler d’elle aujourd’hui, c’est à cause de l’événement qu’elle voulait organiser : une journée piscine dans un parc aquatique où les participantes devront porter un burkini sous peine de se voir refuser l’entrée. Sur le flyer qui promeut l’événement, l’association précise que seuls « les femmes et les enfants » seront autorisés à entrer, et les « garçons jusque 10 ans ». Il est également précisé que les participants devront « respecter l’Awra » (partie du corps à cacher par pudeur dans l’Islam), « et donc de ne pas venir en deux pièces (…) sous peine de se voir refuser l’accès des lieux ». Les femmes auront « exceptionnellement » le droit de se baigner en burkini, une tenue de bain couvrant le corps de la tête aux chevilles, ou encore en jilbeb, une tenue encore plus couvrante.

Face à la polémique, le sénateur-maire des Pennes-Mirabeau a pris la décision d’interdire l’événement en publiant un arrêté. Pour Michel Amiel, l’annulation de l’événement est décidée « au motif qu’il est susceptible de troubles à l’ordre public », rapporte le journal Le Monde. « A ce jour, l’association Smile 13 n’a toujours pas réservé cette date (du 10 septembre) ni même confirmé à la société Speedwater Park sa volonté de maintenir cet événement », a indiqué dans un communiqué le parc aquatique Speedwater Park, situé au nord de Marseille. Le parc aquatique dit comprendre « que cet événement intéresse particulièrement la presse dans un contexte émotionnellement difficile, mais il convient de rappeler qu’à ce jour, cet événement reste hypothétique en l’absence de toute réservation ferme et définitive de l’association Smile13». La société Speedwater Park souligne dans son communiqué qu’elle «demeure libre de privatiser son espace aquatique toute une journée à l’instar de la privatisation d’une salle de fêtes pour la célébration d’un mariage, sans considération notamment d’un culte religieux». Elle précise qu’elle «n’entend pas s’immiscer dans un débat de fond».

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