JO 2016

Les athlètes marocains veulent en découdre

Les athlètes marocains veulent en découdre
  • Marocains partout
  • 03 Août 2016 - 19:58
  • MAP

La délégation marocaine – forte de 49 sportifs -, sourires en bandoulière, foudroie, depuis ses premiers pas à Rio de Janeiro, les griefs et les angoisses qui ont accompagné la dernière ligne droite menant aux Jeux olympiques de Rio qui débutent vendredi 5 août 2016. L’athlétisme, principal pourvoyeur en médailles olympiques pour le sport marocain, détient comme d’habitude la part du lion avec 20 athlètes engagés, suivi de la boxe (8 représentants), qui a vécu une année 2015 très prometteuse. Le Maroc sera également présent dans les épreuves de cyclisme (3 engagés), judo (3), taekwondo (3), lutte (3), haltérophilie (2), natation (2), canoë kayak (1), escrime (1), tir sportif (1), équitation (1) et golf (1).

Le bilan de la participation du Maroc aux Jeux olympiques (JO), s’élève, à l’issue de ceux de Londres-2012, à 22 médailles (6 en or, 5 en argent et 11 en bronze). L’athlétisme compte à lui seul un palmarès de 19 médailles (6 or, 5 argent et 8 bronze). Les médailles d’or ont été remportées par les athlètes Nawal El Moutawakil (400m Haies à Los Angeles 1984), Said Aouita (5000m à Los Angeles 1984), Brahim Boutaib (10.000m à Séoul 1988), Khalid Skah (10.000m à Barcelone 1992) et Hicham El Guerrouj (1500m et 5000m à Athènes 2004). En plus de l’athlétisme, seule la boxe a vu le Maroc décrocher des médailles (3 d’argent), sachant que le Royaume a déjà été représenté dans plus de 20 disciplines sportives durant les précédentes éditions des JO. Le Maroc a fait sa première apparition aux Jeux olympiques en 1960 à Rome, où il était représenté par 54 sportifs qui ont pris part à dix disciplines, à savoir athlétisme, cyclisme, escrime, haltérophilie, voile, lutte, gymnastique, tir à l’arme de chasse, boxe et pentathlon moderne. Cette participation s’est soldée par une médaille d’argent remportée au marathon par feu Abdeslam Radi, derrière l’Ethiopien Abebe Bikila, au terme d’une course historique. Parmi les autres athlètes marocains qui ont marqué cette première participation, figurent feu Bouchaib Lamaachi, Benaissa Bakir (8è au marathon), Mohamed El Gourch, Kendoura Achhab, feu Abderrahman Farouki (cyclisme) et Abderraouf El Fassi (escrime).

Quatre ans plus tard à Tokyo, le Maroc s’est présenté avec une délégation moins importante composée de 26 athlètes, qui ont pris part à quatre épreuves (athlétisme, football, haltérophilie et boxe). Les résultats ont été alors en deçà des attentes avec, notamment, une neuvième place de Ghazi Zaaraoui au 3.000m steeples et une 12e place de Bakir au marathon. L’équipe nationale de football, elle, a encaissé deux défaites devant la Yougoslavie (3-1) et l’Autriche (6-0). Abstraction faite de l’importance des délégations marocaines, la donne n’a pas changé à Mexico-1968 et Munich-1972. Cette dernière édition a été marquée par la première participation féminine marocaine en la personne des athlètes Fatima El-Fakir et Malika Hadki. A Mexico, le Maroc a pris part à quatre disciplines (athlétisme, boxe, lutte et basket-ball), alors qu’il a boycotté le tournoi de football, étant donné que le tirage au sort l’a placé dans le même groupe avec Israël.

En 1972, les Nationaux étaient présents dans cinq disciplines, à savoir l’athlétisme, la boxe, la lutte, le judo et le football. L’équipe de football avait pu, cette fois-ci, aller au-delà du premier tour en terminant deuxième de son groupe après un nul face aux Etats-Unis (0-0), une défaite devant l’Allemagne de l’Ouest (3-0), qui a terminé en tête du classement, et une victoire sur la Malaisie (6-0). Les Nationaux ont ensuite perdu leurs trois matches du second tour, devant l’Union Soviétique (3-0), le Danemark (3-1) et la Pologne (5-0). Il aura fallu attendre 24 ans plus tard (depuis l’argent de Radi) pour que les Marocains renouent avec le podium, grâce à la victoire de Nawal El Moutawakil (400m haies) et de Said Aouita (5.000m) en 1984 à Los Angeles. Lors de cette édition, le Maroc était représenté dans quatre disciplines, à savoir l’athlétisme, la boxe, le cyclisme et le football, en plus du tennis qui était à l’époque sport d’exhibition (Arafa Chakrouni).

Depuis, le Maroc n’a plus raté le podium, même si sa récolte totale en or n’a pu atteindre que quatre médailles après la victoire de Brahim Boutayeb sur le 10.000m en 1988 à Séoul et de Khalid Sekkah en 1992 à Barcelone.  A Séoul, où le Maroc était présent dans quatre épreuves (athlétisme, judo, lutte et boxe), une blessure avait privé le mythique Said Aouita de son rêve de décrocher l’or olympique des 800 et 1500m. Il s’est alors contenté de la médaille de bronze (800 m). Le pugiliste Abdelhak Achik va ajouter une autre médaille de bronze à la récolte marocaine. En plus de l’or de Sekkah à Barcelone, le Maroc, qui a pris part, lors de cette édition, à cinq compétitions (athlétisme, lutte, tennis, tennis de table et football), en plus du taekwondo (alors sport d’exhibition), a décroché une médaille d’argent, grâce à Rachid Labsir (1.500m) et une de bronze par le biais de Mohamed Achik (boxe).

A Atlanta (USA-1996), le Maroc était représenté dans l’athlétisme, la boxe, l’haltérophilie, le tennis, le judo, la lutte et la gymnastique, où la Marocaine Naima Ghouati était la seule Africaine en lice. Encore une fois, l’athlétisme a volé au secours du sport marocain avec les médailles de bronze de Salah Hissou (10.000m) et Khalid Boulami (5.000m). Cette édition a été marquée par la malheureuse chute de Hicham El Guerrouj en finale du 1500m, à 400 m de la ligne d’arrivée, alors qu’il était favori pour le métal précieux. A Sydney (2000), où les Nationaux étaient présents en huit sports (athlétisme, football, voile, tennis, taekwondo, judo, natation et kayak), la récolte du Maroc a été de cinq médailles, soit l’édition la plus prolifique de son histoire. Il s’agit de l’argent d’El Guerrouj (1.500m) et de quatre médailles de bronze, remportées par Ali Ezzine (3.000m steeples), Brahim Lahlafi (5.000m), Nezha Bidouane (400.m haies) et Taher Tamsamani (boxe).

Les JO 2004 à Athènes ont été marqués par le doublé historique en or de Hicham El Guerrouj (1.500/5.000) et l’argent de Hasna Benhassi, permettant au Maroc d’occuper le meilleur classement de l’histoire de ses participations aux JO (36e) et confirmant le statut de l’athlétisme en tant que valeur sûre du sport national lors des Olympiades. En 2008 à Pékin, alors que les 48 sportifs marocains étaient alignés dans sept épreuves, seul l’athlétisme, encore une fois, a sauvé la face grâce à une médaille d’argent du marathonien Jaouad Gharib et une autre en bronze décrochée par Hasna Benhassi (800m). A Londres 2012, une édition soldée par une unique médaille de bronze, décrochée par Abdelati Iguider, la déception était particulièrement amère, surtout au vu des moyens mobilisés. En effet, ces Jeux étaient ceux des records pour le Royaume avant même le coup d’envoi des compétitions : 75 sportifs, soit la délégation la plus importante, engagés dans douze disciplines.  Pire encore, le sport marocain a été handicapé, avant même le coup d’envoi des jeux, par la suspension pour dopage de deux de ses espoirs, à savoir les athlètes Meryem Alaoui Selsouli et Amine Laalou. A Rio, cet été, le sport marocain reprendra son bâton de pèlerin pour partir à la quête de nouveaux titres, avec, toujours, le challenge de voir les athlètes nationaux glaner des médailles dans d’autres disciplines que l’athlétisme et la boxe.

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