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Canicule : A quoi s’attendre ?

Canicule : A quoi s’attendre ?
  • Marocains partout
  • 18 Août 2016 - 18:37
  • MAP

La canicule, ou la vague de chaleur étendue que le Royaume a connue récemment, est l’effet d’un phénomène global «alarmant» qui nécessite une action synergique de tous les acteurs concernés, y compris responsables politiques, société civile et scientifiques, selon le représentant de l’Institut de recherche pour le développement (IRD-France), Abdelghani Chehbouni. Interviewé par la MAP sur la nature de ce phénomène météorologique qui sévit sur l’ensemble du territoire national depuis juillet dernier, M. Chehbouni a expliqué que cette montée «incompréhensible» des températures est étroitement liée au réchauffement climatique, et plus spécifiquement au phénomène climatique «El niño», qui déclenche une levée «anormale» des températures de l’eau dans la partie Est de l’océan Pacifique Sud, et qui a également impacté les précipitations au Maroc. Il a noté que les degrés de température dans le monde sont en croissance chaque année, soulignant qu’elles s’approchent maintenant du niveau de 1,2 degrés, qui était prévu dans « les scénarios les plus pessimistes » des climatologues dans les années 1990, d’où la nécessite d’agir en urgence.

Cette augmentation de température est liée à l’émission des gaz à effet de serre, contrairement aux hypothèses des climato-sceptiques qui présupposent qu’il s’agit d’un cycle naturel existant depuis 8.000 ans, a-t-il signalé, faisant remarquer que cette grande vague de chaleur provoque un impact direct sur la santé de la population et, associée à la pollution, conduit à l’installation d’un anticyclone sur les villes les plus polluées, empêchant l’évacuation de la pollution, et provoquant plusieurs maladies respiratoires et différents types de cancer. Elle a des effets incommensurables tels la sécheresse, l’insécurité alimentaire, l’augmentation du CO2 dans les océans et leur acidification et un changement remarquable au niveau des écosystèmes, notamment ceux des ressources halieutiques, d’où la réduction des tailles de plusieurs types de poissons, a-t-il ajouté.

Pire encore, ce changement d’écosystème conduit à la propagation de certaines maladies qui n’existaient pas auparavant dans plusieurs régions, comme la «chikungunya», une maladie virale infectieuse transmise par les moustiques tigres du genre «Aedes», a-t-il fait observer. Certaines pathologies, qui n’existaient qu’en Asie, commencent à émerger récemment au sud d’Europe et risqueraient d’atteindre le Maroc, a-t-il averti, faisant savoir que les diagnostics réalisés ont révélé certains cas porteurs du virus dans la région de Camargue en France, alors qu’ils n’ont jamais voyagé en Asie.

Chehbouni a appelé en outre toutes les parties impliquées, au niveau national ou régional, à œuvrer de concert afin de relever les défis de cette urgence climatique qui menace l’ensemble de la planète, saluant la conscience des Etats, «qui malgré leurs responsabilités différenciées», sont parvenus à mettre en place un «accord historique» en vue de réduire l’augmentation de la température à 2 C d’ici la fin du siècle. Il a souligné que la COP22, prévue à Marrakech en novembre prochain, doit déboucher sur la mise en œuvre des décisions prises à la COP21, avec l’ambition de réduire la hausse des températures à 1,5 degrés, soutenant que cette conférence se doit d’être le prélude d’un processus durable engageant sociétés et États.

Dans le cadre de ses activités pré- COP22, l’IRD a prévu un programme diversifié comprenant une vingtaine de colloques scientifiques portant sur des thématiques liées à la COP22, ainsi que deux projets structurants visant la mise en place d’un groupe d’experts pour étudier la situation climatique en Méditerranée et aider à l’élaboration des politiques publiques et d’une plateforme d’échange scientifique sur les politiques publiques d’atténuation et d’adaptation, a-t-il précisé.

L’Institut a également prévu nombre de programmes pour des jeunes lycéens, portant sur la sensibilisation à la problématique du changement climatique, notamment à travers le lancement, en juillet dernier à Tanger, d’une caravane de climat qui s’achèvera à Marrakech en novembre prochain, en passant par les villes de Béni Mellal, Oujda, Casa et Rabat, et d’une plateforme permettant aux étudiants d’échanger avec des experts et scientifiques internationaux autour des thématiques liées au climat, a-t-il conclu.

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