JUSTICE

Chibanis discriminés, la SNCF fait appel…

Chibanis discriminés, la SNCF fait appel… Clélie de Lesquen
  • Marocains partout
  • 25 Novembre 2015 - 18:52
  • Rédaction (Paris)

Après quinze ans de combat, les « Chibanis », ces cheminots de nationalité ou d’origine marocaine, victimes de la politique discriminatoire de la SNCF, pensaient enfin voir le bout du tunnel après la condamnation du groupe ferroviaire le 21 septembre, par les prud’hommes de Paris. L’affaire semblait réglée. Mais la direction de la SNCF ne l’entend pas de cette oreille. Au lieu de se plier au verdict de cette juridiction française dédiée aux litiges nés à l’occasion de l’exécution des contrats de travail, la SNCF s’entête à rendre justice à ces 832 travailleurs marocains qui ont pourtant consacré leur vie à la société nationale française. La SNCF a attendu le dernier jour pour faire appel de la décision des prud’hommes. Cet appel, suspensif, a été accueilli avec consternation par le syndicat SUD-rail (Solidaire Unitaire et Démocratique pour le droit des cheminot). « La SNCF est écœurante » et « confirme une fois de plus son réel mépris des cheminots les plus fragilisés et laissés de côté durant tant d’années », écrit le syndicat dans un communiqué.

Condamnation

Les plaignants, aujourd’hui presque tous à la retraite, devaient toucher entre 150.000 et 230.000 euros de dommages et intérêts, dont une grande partie de préjudices de carrière. Dans les années 1970, la SNCF avait signé avec eux un contrat à durée indéterminée de droit privé « pour travailleur étranger ». Ces immigrés, originaires du Maroc, étaient cheminots mais ne pouvaient pas accéder au statut administratif de « cadre permanent » ou « agent au statut », plus avantageux et accessible aux seuls Français et, depuis peu, aux ressortissants de l’Union européenne. La SNCF « a attendu le dernier moment » pour faire appel, « c’est une stratégie dilatoire » et « un suicide moral, politique et financier » pour la SNCF, a estimé l’avocate des salariés Me Clélie de Lesquen. Elle espère dès à présent « des décisions meilleures » pour ses clients devant la cour d’appel. Dans les jugements, « le préjudice de retraite a été sous-évalué. La SNCF risque une condamnation plus lourde », a-t-elle ajouté.

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