Art plastique

Esther Benmaman ou la passion du pinceau

Esther Benmaman ou la passion du pinceau
  • Marocains partout
  • 07 Mars 2016 - 23:15
  • Hicham Lakhal (Map)

 

PORTRAIT – Esther Benmaman est une artiste-peintre marocaine dont le destin a voulu qu’elle quitte son pays en 1964 pour élire domicile à Buenos Aires, capitale du pays du Tango. Depuis lors, cette artiste a brillé par son talent qu’elle a dédié au Maroc, pays qui l’a vu naître et où elle a passé ses plus belles années de jeunesse.

En prenant à 20 ans le chemin de l’université de Buenos Aires pour suivre des études de psychologie, Esther Benmaman a emporté avec elle une seule valise pleine de beaux souvenirs qu’elle immortalise depuis plus de 50 ans en donnant corps à des tableaux débordant de beauté, de sensibilité et de créativité. «Je suis fière d’avoir passé deux décennies de ma vie au Maroc, j’y ai étudié, j’y ai travaillé en tant qu’institutrice à Tétouan et j’y ai vécu des expériences qui m’ont marqué, m’ont aidé à m’intégrer au sein de la société argentine et ont guidé mes choix artistiques en peinture, discipline dans laquelle j’exprime toutes les traditions marocaines ancestrales dont je me suis imprégnée », confie l’artiste-peintre. En plus du choix du Maroc comme thème principal de ses œuvres, Benmaman aime bien s’entourer d’objets lui rappelant son pays de naissance, à voir sa maison de Buenos Aires, un véritable musée marocain regorgeant de trésors de l’artisanat et de photos d’une grande valeur sentimentale qui l’inspirent au début de tout projet artistique.

C’est incroyable ! lorsque je reçois, mes convives n’hésitent pas à poser des questions sur le Maroc en manifestant leur souhait de le visiter et de le connaître, «au point même que je me retrouve dans l’obligation de faire les organisatrices de voyage alors que mes tableaux font figure de brochures promotionnelles qui satisfont la curiosité des Argentins désireux de découvrir la culture et la civilisation de notre pays», plaisante Esther, l’une des figures les plus connues de la communauté juive marocaine établie en Argentine. L’artiste-peintre note également que la reconnaissance et l’intérêt manifestés pour son travail lui donnent envie d’aller de l’avant dans le domaine artistique, armée d’une identité qu’elle a transmis à ses enfants, qui se sont abreuvés de la culture marocaine malgré la distance. Esther Benmaman estime avoir contribué avec un certain succès à la dissémination de la culture marocaine, en soulignant, dans ce sens, que la contemplation de ses œuvres par le public ne s’arrête pas à l’aspect artistique mais va au-delà pour s’interroger sur les bijoux portés par la mariée ou sur la symbolique des vêtements qu’elle porte lors de certaines occasions.

Pour ses tableaux qui célèbrent sa vie au Maroc et ses origines, deux thèmes récurrents dans ses œuvres, Esther puise l’inspiration de son travail quotidien en tant que designer et de souvenirs qu’elle garde de célébrations comme les mariages marocains et les baptêmes. «C’est une façon pour moi de raconter mon histoire et une méthode de travail que j’ai adoptée pour m’exprimer à travers les traits des pinceaux», raconte cette septuagénaire au visage radieux. Pour illustrer ses propos, Esther Benmaman dévoile un tableau intitulé «une seule fois et pas une de plus» qui représente une mariée se regardant dans le miroir allusion faite à une ancienne coutume tétouanaise selon laquelle chaque mère invitait sa fille sur le point de se marier à se regarder “une seule et unique fois” dans le miroir en étant habillée de ses plus beaux atours. Une pratique qui devait exprimer le souhait de la mère que le mariage de sa fille dure. Du point de vue esthétique, l’artiste-peintre n’a pas caché son amour pour la ville de Chefchaouen, cette ville «bleue envoutante» qu’elle se fait un point d’honneur de visiter à chacun de ses voyages au Maroc. «Ses femmes jeblies sont d’une grande beauté. Pour cette raison j’ai réalisé plusieurs toiles qui illustrent la beauté de cette ville», ajoute Benmaman, qui se fait une joie de rendre hommage à la beauté et à l’authenticité de la femme marocaine.

Exprimant son souhait de voir les femmes marocaines poursuivre leur chemin sur la voie du développement, l’artiste affirme n’avoir aucun doute sur le fait qu’elles atteindront le plus haut niveau surtout que SM le Roi Mohammed VI a accordé à la femme la place qui lui revient et l’a entourée de Sa sollicitude pour réaliser prospérité et développement. Le Maroc est «un pays du bonheur où j’ai vécu une vie familiale extraordinaire. Que veut-on de plus si ce n’est de savourer cette belle cohésion et ce respect mutuel qui le caractérisent depuis des décennies», s’interroge Benmaman, avant de souligner que les années passées dans ce pays l’ont convaincu qu’il s’agit d’un pays extraordinaire, une affirmation qu’elle s’attèle à exprimer à travers les arts plastiques. «Lorsque l’on aime le Maroc on ne peut pas mettre des distances avec ce pays et l’on prend soin chaque jour d’ouvrir la porte aux souvenirs que nous gardons de ce pays», explique l’artiste-peintre. Depuis le balcon de son domicile, où trônent des pots de basilic et de géranium herbe à Robert, deux plantes dont les senteurs lui rappellent le Maroc, Esther se plonge chaque matin dans ses souvenirs à la recherche d’images, d’histoires et de couleurs à immortaliser dans ses toiles.

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