Cinéma

Fatima, portrait sensible d’une femme de l’ombre

Fatima, portrait sensible d’une femme de l’ombre Philippe Faucon
  • Marocains partout
  • 06 Octobre 2015 - 12:21
  • Avec AFP

Elle travaille sans baisser les bras, tombe et se relève. « Fatima » de Philippe Faucon, actuellement en salles en France, dresse le portrait sensible et émouvant d’une femme de ménage immigrée, femme de l’ombre courageuse au combat quotidien. Fatima, 44 ans, vit seule en France avec ses deux filles, Souad, une adolescente de 15 ans révoltée et Nesrine, 18 ans, qui débute des études de médecine. Maîtrisant mal le français, cette immigrée algérienne a du mal à communiquer avec ses filles et avec l’extérieur, dans une société dont elle ne connaît pas les codes. Pour payer les études de ses filles, elle enchaîne les ménages en horaires décalés, dans une maison bourgeoise ou dans une école. Mais un jour, elle fait une chute dans l’escalier. N’arrivant plus à travailler, elle se met alors à écrire en arabe tout ce qu’elle n’a pas réussi à dire jusque là.

Finesse

Adaptation des livres autobiographiques « Prière à la lune » (2006) et « Enfin, je peux marcher seule » (2011) de la Marocaine Fatima Elayoubi, le film de Philippe Faucon (« La Désintégration ») raconte, dans un style épuré et sans pathos, la vie de ces femmes nombreuses dans la société, mais qui restent souvent des invisibles. En suivant au plus près les petits moments du quotidien de Fatima, de ménages à l’aube en cours d’alphabétisation, de travaux domestiques en nouvelles heures de ménage, le réalisateur construit un film aux situations simples mais d’une grande justesse. Pour lui, « c’est un peu l’histoire de l’accomplissement d’une personnalité (…), avec des moyens très farouches, d’une façon très obstinée, et dans un jeu de miroir avec ses deux filles ».

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