Entretien exclusif

Fouad Laroui : « Je reste toujours à l’affût »

Fouad Laroui : « Je reste toujours à l’affût » Fouad Laroui
  • Marocains partout
  • 18 Octobre 2015 - 22:21
  • Abderrahim Bourkia (Paris)

RENCONTE Avec son nouveau recueil de nouvelles « Les noces fabuleuses du Polonais », Fouad Laroui nous livre une fois encore de drôles et poétiques histoires autour des thèmes du mensonge et de l’absurde.

marocainspartout.com : Comment est né ce roman ? Dans les noces fabuleuses du Polonais comme dans tous écrits (nouvelles, chroniques…), il y a toujours cette création fictive très proche de la réalité.

Fouad Laroui : Je suis parti d’un fait divers réel qui s’est déroulé à Khouribga dans les années 80, et puis j’ai brodé, j’ai inventé des détails, des retournements de situation, etc.

 L’originalité vient peut-être que vous évoquez vos années de fonction à Khouribga ?

Peut-être, mais je ne raconte pas du tout ma vie là-bas, même si le narrateur me ressemble et même si je me suis amusé à introduire de vrais personnages, comme le fameux Driss Benhima, dans l’histoire. Mais au fond, tout cela reste de la fiction.

Pourquoi avez-vous choisi le sujet de mariage pour dénoncer certaines pratiques sociales et la tutelle exercée sur la femme par son entourage?

Parce que c’est dans le mariage que toutes ces contradictions éclatent au grand jour. On fait une fête d’enfer mais les lendemains de fête sont souvent tristes, pour ne pas dire tragiques.

D’où vient le titre ? Et pourquoi l’adjectif « fabuleuses » ?

Le titre, c’est moi qui l’ai trouvé, bien sûr. Et j’ai choisi l’adjectif « fabuleuses » pour son ambigüité : il peut signifier que c’est quelque chose d’extraordinaire, de faramineux, etc., mais il peut aussi signifier qu’on est dans le domaine de la fable, de la fiction.

Vous avez toujours des idées de romans ou de nouvelles en tête ?

Il suffit d’ouvrir les yeux. Voltaire disait : « L’univers est une vaste scène de brigandage abandonnée à la fortune. » (Il utilisait le mot « fortune » dans le sens de « hasard ».) Il y a donc à tous les coins de rue, à chaque instant des sujets de nouvelle ou de roman, si l’on fait preuve d’un peu de discernement. Il faut rester à l’affût.

Les livres que vous lisez ? Et la musique que vous écoutez en ce moment ?

Je lis beaucoup et j’écoute tout le temps de la musique. Aussi bien pour les livres que pour la musique, je suis à la fois éclectique et exigeant. Peu importe l’auteur ou le genre, mais il faut que ce soit très bien fait : très bien écrit pour les romans, très bien composé pour la musique, ce qui élimine d’emblée tout ce qui passe aujourd’hui pour de la musique mais n’est que du bruit. Pour les livres, c’est la même chose.

Propos recueillis
par Abderrahim Bourkia

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