Zone Euro

Grèce : L’UE évite à Athènes le «Grexit»

Grèce : L’UE évite à Athènes le «Grexit» Alexis Tsipras
  • Marocains partout
  • 13 Juillet 2015 - 10:29
  • Avec agences

La Grèce et ses créanciers sont parvenus à un accord à l’issue d’une réunion marathon à Bruxelles. En échange d’une nouvelle aide de plus de 80 milliards d’euros, et d’un rééchelonnement de sa dette, Athènes se retrouve sous la tutelle de la Troïka (UE, BCE, FMI).

Après dix-sept heures de négociations ardues, les dirigeants de la zone euro ont conclu lundi matin un accord « unanime » pour négocier un troisième plan d’aide à la Grèce et éviter in extremis une sortie du pays de l’union monétaire. «Le sommet de la zone euro a trouvé un accord à l’unanimité. Nous sommes tous prêts pour un programme d’aide pour la Grèce via le Mécanisme européen de stabilité (MES), avec des réformes sérieuses et un soutien financier», a indiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk. «L’accord a été laborieux», a reconnu le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. «L’Europe a décidé d’une feuille de route. Maintenant tout dépend de la mise en œuvre», a prévenu le Premier ministre estonien, Taavi Roivas sur son compte Twitter. Toute la nuit, les chefs d’Etat et de gouvernement des 19 pays de la zone euro avaient poursuivi leurs laborieuses tractations pour tenter de boucler un compromis permettant de maintenir la Grèce dans l’euro, à l’approche d’une réunion cruciale de la Banque centrale européenne. A l’aube, un compromis s’était dessiné, soumis aux 19 dirigeants, sur la liste des exigences réclamées à Athènes pour renouer le dialogue en vue d’un renflouement du pays.

Eviter l’effondrement

Mais pas suffisant pour le gouvernement grec de gauche radicale cède, alors que des milliers de tweets l’appelaient – sous le hashtag « Thisisacoup » (C’est un coup d’Etat) – à résister aux diktats des créanciers du pays. La Grèce ne voulait pas que le FMI participe au financement d’un nouveau plan d’aide, pourtant exigé par l’Allemagne, et rejetait l’idée de créer hors du pays un fonds regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d’euros pour garantir les privatisations promises. Selon un tweet du Premier ministre slovène, le premier à jeter l’éponge lundi matin en raison d’autres obligations, l’écart s’était toutefois réduit, « une seule question » restant à régler. En fin de nuit, le sort de la Grèce se jouait à quatre, entre la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, Donald Tusk et Alexis Tsipras. «Ils sont enfermés à quatre, on ne sait rien de ce qu’ils se disent », affirmait une source européenne. Si le texte soumis au petit matin ne prévoit a priori pas de sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique, comme évoqué noir sur blanc dans un projet des ministres des Finances, la menace reprenait corps au fil des heures. D’autant qu’une fois conclu un accord, le gouvernement de gauche radicale d’Alexis Tsipras aura fort à faire pour amadouer son opinion publique, à laquelle il avait promis de rompre avec l’austérité et les diktats des bailleurs de fonds.

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