Commémoration

Il était une fois Brahim Bouarram…

Il était une fois Brahim Bouarram… 20 ans après l’assassinat de Brahim Bouarram, Paris se souvient
  • Marocains partout
  • 05 Mai 2015 - 20:47

Il y a vingt ans, un Marocain de 29 ans, Brahim Bouarram, mourait en marge du défilé du 1er Mai organisé tous les ans par le Front national (FN), précipité dans la Seine du haut du pont du Carroussel par des skinheads venus pour l’occasion de Champagne-Ardenne. Plusieurs hommages lui ont été rendus, vendredi 1er mai, et notamment sur le lieu de sa chute dans la Seine en crue, dans le 1er arrondissement de Paris. Le 1er mai 1995, alors que le défilé du Front national en l’honneur de Jeanne d’Arc se déroulait sur la rive gauche de la Seine au pas de 12 000 supporteurs de Jean-Marie Le Pen – alors président du parti –, un groupe de quatre hommes au cheveu ras et «look skinhead» s’étaient détachés de la masse des militants d’extrême droite pour se diriger vers les quais. Quelques instants plus tard, Brahim Bouarram tombait à l’eau après une courte altercation avec l’un d’entre eux. La Seine étant en crue ce jour-là, et ne sachant pas nager, le jeune Marocain mourait noyé.

Tout un symbole

Les quatre skinheads, venus de Reims par des cars affrétés pour l’occasion, assuraient ne pas être membres du Front national. Deux d’entre eux avaient pourtant participé à la sécurité de plusieurs meetings du parti. Mickaël Fréminet fut condamné, le 15 mai 1998 à huit ans de prison pour le meurtre de M. Bouarram, tandis que ses trois comparses étaient condamnés à des peines moins lourdes pour non-assistance à personne en danger.

Depuis, Brahim Bouarram est devenu un symbole de la lutte contre le racisme. En 2003, Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, avait fait ériger une plaque commémorative sur le lieu de sa mort. En 2012, un rassemblement avait également eu lieu en présence de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts) et du fils de Brahim Bouarram.

Cet hommage résonne d’un écho particulier dans un contexte de montée du FN dans les urnes, et alors que, comme l’expliquent les associations qui défilent en hommage au Marocain, «le racisme, la xénophobie, l’islamophobie, l’antisémitisme, le rejet de l’autre progressent et se banalisent».

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