Législatives

La difficile reconstruction du Labour

La difficile reconstruction du Labour Ed Miliband
  • Marocains partout
  • 17 Mai 2015 - 20:01
  • AFP

K.0 debout après sa pire déroute électorale en 20 ans, le parti travailliste entame un long processus de reconstruction qui l’oblige une nouvelle fois à s’interroger sur son identité et celle de son futur leader. Pas de patron, pas de ligne directrice claire, des perspectives limitées: au lendemain des législatives du 7 mai, le Labour est un champ de ruines que son ex-leader, Ed Miliband, a contemplé une dernière fois vendredi avant de démissionner. «Nous sommes au fond du trou», concède Tristram Hunt, un successeur potentiel.

Rayé de la carte en Ecosse, balayé en Angleterre, le parti est plongé dans sa pire crise existentielle depuis 1992, lorsque, après avoir perdu ses quatrièmes élections générales de suite, il se demandait s’il allait retrouver le pouvoir un jour. Tiraillé sur la ligne politique à tenir, il avait réussi à sortir par le haut et par le centre grâce à Tony Blair et son concept du «New Labour» proche de la social-démocratie.

Difficile rebond  

Certains rêvent d’un destin identique aujourd’hui, en gommant le virage à gauche opéré en 2010 par Miliband. Mais ils sont nombreux aussi à redouter le retour d’une longue nuit. «Revenir de cette défaite sera incroyablement difficile», souligne Andrew Harrop, secrétaire général de la Fabian Society, un cercle de réflexion de gauche. Il fait remarquer que le Labour doit trois électorats différents: celui qui, à gauche, vote SNP en Ecosse. Les centristes qui votent conservateur en Angleterre. Et la classe ouvrière qui préfère l’Ukip populiste.

La tâche n’est pas simple. Éditorialiste au Guardian, Larry Elliott résume le problème ainsi: «le Labour a perdu en Ecosse parce que trop à droite et au sud et au centre de l’Angleterre parce que trop à gauche.» Les poids lourds des années Blair se sont bousculés sur les plateaux de télévision pour tirer à boulets rouges sur «Ed le rouge». «Un foutu désastre», a fulminé John Prescott. Les Britanniques «n’ont plus d’appétit pour le vieux menu socialiste», a ajouté John Hutton. Le plus remonté était sans doute Peter Mandelson qui a accusé Ed Miliband de s’être lancé dans «une gigantesque expérimentation politique, consistant à brandir notre poing en colère contre ces méchants conservateurs et attendre que le public nous démontre combien on lui a manqué»

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