Attentats de Paris

La France en deuil entre chagrin et incompréhension

La France en deuil entre chagrin et incompréhension La France en deuil
  • Marocains partout
  • 16 Novembre 2015 - 11:47
  • Avec AFP

Quarante-huit heures après la pire attaque terroriste qui ait jamais frappé la France, l’enquête progressait rapidement, de l’Ile-de-France à la Belgique. Parmi les sept terroristes morts, trois ont été identifiés, dont deux Français qui résidaient en Belgique, et un avis de recherche a été lancé à l’encontre d’un des assaillants du Bataclan. Le bilan provisoire fait état d’au moins 129 morts – 103 d’entre eux ont été identifiés, a annoncé dimanche Manuel Valls – et 352 blessés, dont beaucoup dans un état grave. Dimanche soir, le ministère de la défense a annoncé que dix chasseurs français avaient bombardé le fief de l’organisation Etat islamique (EI) à Rakka, dans l’est de la Syrie. Lundi, une minute de silence est prévue dans toute la France à midi et tous les parlementaires se réunissent lors d’un Congrès extraordinaire à Versaille, avant une allocution du chef de l’Etat.

Suspects

Selon les médias, l’enquête française s’orientait dimanche définitivement vers la Belgique et, s’intéresse en particulier à trois frères français qui y résideraient. L’un d’entre eux – Brahim Abdeslam – était le kamikaze qui s’est fait exploser sur le boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement. Présent à Paris au moment des attaques, le deuxième, Salah Abdeslam, 26 ans, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. C’est lui qui a loué la Polo noire du Bataclan. Il avait été contrôlé par la police samedi matin autour de Cambrai, non loin de la frontière belge, mais n’a pas été interpellé car il n’était pas fiché et les enquêteurs ne connaissaient alors pas encore le nom de ses frères. La garde à vue du troisième frère – Mohamed Abdeslam, interpellé en Belgique, a été prolongée dimanche. Au total, sept personnes ont été interpellées en Belgique depuis samedi dans le cadre du volet belge de l’enquête.

mandat-recherche

 

Après un premier kamikaze identifié dès samedi, deux autres Français ayant pris part aux attentats de Paris ont été identifiés dimanche. Ces deux hommes résidaient en Belgique, a précisé le procureur de Paris. Bilal Hadfi, âgé de 20 ans, est « l’auteur de l’un des attentats-suicides commis à proximité du Stade de France». Le second est l’un des frères Abdeslam. Agé de 31 ans, il s’est fait exploser boulevard Voltaire. Le premier kamikaze avait été identifié la veille grâce à des traces qu’il a laissées dans le carnage du Bataclan. Il s’agit d’Ismaël Omar Mostefaï, un Français de 29 ans natif de Courcouronnes, dans l’Essonne, qui vivait ces dernières années dans le quartier de La Madeleine, à Chartres (Eure-et-Loir). Il avait fait l’objet d’une « fiche S » pour radicalisation en 2010, mais n’avait « jamais été impliqué » dans un dossier terroriste. Selon les informations du journal Le Monde, il aurait séjourné en Syrie entre l’automne 2013 et le printemps 2014. A son retour à Chartres, il a été observé lors de surveillances d’un petit groupe de salafistes par les services de renseignement. Samedi en fin de journée, son frère et son père ont été placés en garde à vue, et leurs domiciles respectifs perquisitionnés à des fins de vérification. Sept personnes de son entourage ont été placées en garde à vue à Bondoufle (Essonne) et Romilly-sur-Seine (Aube). Ces gardes à vue de routine ne préjugent en rien de leurs implications dans les attaques. Dans la nuit de dimanche à lundi, quatre des sept kamikazes n’étaient pas encore identifiés. De plus, un troisième terroriste aurait peut-être participé aux fusillades dans le 10e et 11e. Il serait potentiellement dans la nature.

Recueillement

Dimanche, malgré l’interdiction de manifester, de nombreuses personnes se sont rassemblées à Paris pour rendre hommage aux victimes. Dans le reste du pays aussi, des hommages ont eu lieu. Toute la journée et soirée de dimanche, des petits groupes se formaient autour du Bataclan. Contre les barrières de sécurité, des mots ont été accrochés, des fleurs déposées, et des bougies par dizaines disposées sur le sol.

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