Elections du 4 septembre

Latifa Aït-Baala « Les Marocains de Belgique veulent faire entendre leur voix »

Latifa Aït-Baala « Les Marocains de Belgique veulent faire entendre leur voix » Latifa Aït-Baala
  • Marocains partout
  • 01 Septembre 2015 - 10:16
  • MAP

Que de rendez-vous pris mais pas honorés pour la participation des Marocains du monde à la vie politique de leur pays d’origine. Pourtant la Constitution leur garantit le plein droit de voter et de se porter candidats à partir de leurs pays d’accueil. L’article 17 de la Constitution est on ne peut plus clair à ce sujet : «Les Marocains résidant à l’étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles. Ils peuvent se porter candidats aux élections au niveau des listes et des circonscriptions électorales locales, régionales et nationale». A ces dispositions constitutionnelles, s’ajoute la ferme détermination royale exprimée à moult occasions et illustrée par de nombreuses initiatives à l’adresse de la communauté marocaine résidant à l’étranger pour garantir à cette dernière le plein exercice de ses droits légitimes. Pour Mme Latifa Aït-Baala, membre du mouvement réformateur (MR), parti libéral francophone qui conduit la majorité gouvernementale en Belgique, la perspective des échéances électorales du 4 septembre suscite bien “des remous” auprès de membres de la communauté marocaine.

Amertume

A ses yeux, «l’euphorie» qui avait accompagné les nouvelles dispositions constitutionnelles reconnaissant enfin la pleine citoyenneté des Marocains du monde cède aujourd’hui la place à «une profonde amertume». «C’est bien triste de voir que nous avons une expérience et une culture démocratique qui n’est pas mise à profit dans le développement démocratique au Maroc», a regretté cette actrice politique belgo-marocaine, par ailleurs, présidente du centre euro-méditerranéen de coopération et de diplomatie citoyenne dans un entretien à la MAP. A ce sujet, elle pointe du doigt « l’absence d’une réelle volonté politique de la part des gouvernements qui se sont succédé », malgré les différents appels de SM le Roi pour ouvrir la voie aux Marocains du monde à exercer pleinement leurs droits de citoyenneté tels que garantis par la Constitution. Pour elle, « si les gouvernements successifs s’étaient appliqué à suivre la feuille de route contenue dans le discours royal du 6 novembre 2005, nous n’en serions pas là !», se félicitant de l’intérêt que porte SM le Roi aux questions des Marocains résidant à l’étranger et de sa haute sollicitude à leur égard.

Soulagement

Les MRE ont accueilli avec « entrain» et « soulagement » les discours de SM le Roi à l’occasion de la fête du Trône et de l’anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, a-t-elle dit. « Il est fort heureux que Sa Majesté ait prononcé un véritable plaidoyer, à l’occasion de la Fête du Trône, en faveur de la protection des droits et des intérêts légitimes des MRE conformément aux dispositions constitutionnelles en rappelant au gouvernement et aux responsables politiques la nécessiter de les mettre en œuvre », s’est-elle réjouie. Latifa Aït-Baala, également vice-présidente de la section internationale de son parti (MR-international), appelle de ses vœux la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles relatives à l’intégration des représentants des MRE au sein des institutions consultatives de gouvernance et de démocratie participative.

Urgence

« Il est urgent que le gouvernement s’attèle à l’adoption des lois organiques et des autres textes nécessaires pour l’entrée en vigueur des dispositions de la Constitution en faveur des MRE », a souligné Latifa Aït-Baala. « Les MRE ont bien pu prendre part au référendum constitutionnel de 2011. Donc rien n’empêche la création de circonscriptions électorales à l’étranger », a ajouté Latifa Aït-Baala, estimant essentiel d’intégrer le principe de parité dans l’ensemble des dispositions visant les MRE. Elle a également plaidé pour l’élaboration d’une stratégie intégrée fondée sur la synergie et la coordination entre les institutions nationales ayant compétence en matière de migration. Et de conclure que les Marocains du monde ne peuvent pas être traités comme des citoyens de « seconde zone, un statut qui justifierait au regard de certains un traitement différencié ».

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