Chantage contre le Maroc

L’avocat du Maroc Eric Dupond-Moretti se dit serein

L’avocat du Maroc Eric Dupond-Moretti se dit serein Eric Dupond-Moretti
  • Marocains partout
  • 29 Août 2015 - 18:55
  • MAP

La défense de la partie marocaine s’est dite sereine quant à l’issue du procès dans lequel sont poursuivis les deux journalistes français, Eric Laurent et Catherine Graciet, accusés de tentative d’extorsion de fonds du Maroc.  Après la mise en examen des deux journalistes pour « chantage » et « extorsion de fonds », l’avocat du Maroc Me Eric Dupond-Moretti, a estimé que cette mise en examen était « la moindre des choses » eu égard aux charges qui pèsent sur les mis en cause, pris en flagrant délit. «C’est eux qui ont contacté le Cabinet Royal, c’est eux qui ont reçu l’argent, c’est eux qui ont signé un document dans lequel ils s’engagent à ne pas faire paraître un ouvrage soi-disant compromettant contre le Maroc, en contrepartie d’une somme de 3 millions d’euros », a-t-il dit.

« Digne de voyous »

«Si ce n’est pas un chantage et une extorsion de fonds, alors les mots n’ont plus de sens», a insisté M. Dupond-Moretti, qui avait auparavant relevé que les actes commis par les deux suspects attestent de leur «culpabilité, de leur chantage et de leur racket digne de voyous». Après une garde à vue de plus de 30 heures dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), juste après leur interpellation jeudi, les deux journalistes avaient été déférés vendredi soir devant un juge d’instruction qui les a mis en examen pour « chantage » et « extorsion de fonds » et les a remis en liberté sous contrôle judiciaire. L’affaire a commencé le 23 juillet : ce jour-là, Eric Laurent aurait contacté le secrétariat du Palais royal pour annoncer la sortie prochaine d’un livre polémique contenant «des choses importantes». «Un représentant du Palais a alors été envoyé à Paris où une première rencontre a eu lieu avec M. Laurent», a expliqué l’avocat. Au cours de cette rencontre, M. Laurent aurait déclaré être en train de préparer un ouvrage compromettant pour le Palais. Selon lui, «Eric Laurent dit : « Ecoutez, moyennant 3 millions d’euros, je ne publie pas mon livre, un livre que je prépare avec Catherine Graciet »».

« Flagrant délit »

«Le Maroc a alors décidé de porter plainte auprès du parquet de Paris. Les policiers ont décidé d’organiser un flagrant délit», raconte Me Eric Dupond-Moretti, qui a révélé l’affaire jeudi après-midi sur l’antenne de RTL. Dans la foulée, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire, puis saisira des juges d’instruction. Un autre rendez-vous, écouté et surveillé par la police, aurait alors été fixé. M. Laurent y aurait réitéré la même proposition. Enfin, un troisième rendez-vous aurait été fixé au jeudi 27 août dans un restaurant parisien. « Cette fois, Eric Laurent et Catherine Graciet étaient tous les deux présents. Un contrat a été signé et un acompte de 80.000 euros leur a été remis », déclare Me Eric Dupond-Moretti. Les deux journalistes ont été interpellés à la sortie de ce rendez-vous. Une information judiciaire avait été ouverte, la veille, par trois juges pour tentative d’extorsion de fonds et de chantage.

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