RENCONTRE

Mona Fajal : «La femme marocaine est gardienne des traditions »

Mona Fajal : «La femme marocaine est gardienne des traditions »
  • Marocains partout
  • 17 Juin 2016 - 12:01
  • Rédaction (Paris)

RENCONTRE – Auteure du fabuleux livre « Shérazade était toquée », Mona Fajal est une jeune Marocaine qui a su mettre toute son talent au service de la cuisine marocaine. Il y a quelques années, elle a ouvert le restaurant « Le Dar Mona »  dans Le Soler, devenu une adresse très prisée.

 Marocainspartout : Parlez-nous de votre parcours ?

 Mona Fajal : Je suis née Bouchta. Issue d’une famille Meknassi, épicurienne. J’ai baigné toute mon enfance dans la gastronomie marocaine ancestrale avec une tante cuisinière professionnelle connue et une mère cordon bleu. J’ai vécu toute mon enfance à Casablanca où j’ai suivi des études commerciales et a obtenu mon BTS en gestion des entreprises. J’ai travaillé dans plusieurs entreprises comme les brasseries du Maroc. Il ne m’est jamais venu à l’esprit  de m’orienter vers la restauration ni de quitter mon pays. Une rencontre avec Marc mon mari actuel a chamboulé tous mes projets. Informaticien de métier, j’ai dû le suivre dans les Pyrénées orientales dans le sud de la France où il a sa propre société pour la gestion multimédia…

Vous vous imaginiez au moment devenir un chef réputé dans un grand resto ?

Non à aucun moment je n’ai pensé m’orienter vers la restauration et encore moins créer mon propre restaurant, en devenir le chef et en faire une adresse prisée. Ce fut tout simplement une succession d’opportunités que j’ai saisie… Au départ, il s’agissait d’un simple challenge. Je n’arrêtais pas de faire les éloges de notre gastronomie à toutes les sorties et repas, alors un ami restaurateur m’a demandé d’organiser  une soirée marocaine destiné à ses clients. J’ai relevé le défi, cuisiné, organisé, planifié…et ce fut une réussite. Une enseigne connue m’a alors demandé de fournir des pâtisseries orientales. J’ai donc ouvert un labo de cuisine pour assurer les préparations et la livraison. Un client satisfait m’a inscrite dans une conciergerie de Luxe et me suis retrouvée à faire du chef à domicile à Barcelone, Collioure, Nice… A cuisiner dans des yachts, des ateliers de peinture, des caves et des grottes célèbres… Puis vint le moment d’ouvrir le restaurant « Le Dar Mona » ; un lieu que j’ai voulu à mon image, chaleureux et reflétant dès l’entrée le Maroc dans sa générosité.

Pourquoi cette fascination pour la cuisine ?

Tout simplement parce que ce n’est pas moi qui aie choisi la cuisine mais c’est la cuisine qui m’a choisie. Il me semble que quand on est loin de ses origines on se sent plus proche des ses racines. Pour ma part, la cuisine est une parfaite ambassadrice. Elle est pour moi un excellent moyen de représenter la culture marocaine et la transmettre.

 Quels sont les obstacles que vous avez dû surmonter afin de vous imposer dans ce milieu professionnel ?

Le machisme est très courant dans le milieu culinaire et dans bien d’autres domaines. Mais, je ne suis pas le genre à m’attarder sur le mauvais quand il y a tant de bon à vivre. Mon parcours est atypique, jonché certes par des obstacles financiers, parfois par des moments de doutes, mais toujours facilité par de belles rencontres humaines et mon envie tenace de bien faire quoiqu’il arrive.

Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre assez original ?

Mon livre « Shérazade était toquée » est la compilation de tout ce que j’aime dans la vie. Le roman, la cuisine et le genre humain… L’idée de l’écrire m’est venue de la réflexion suivante : On ne peut parler de cuisine sans parler de relations humaines ou d’émotions et de partage. La cuisine nous lie à des moments stratégiques de nos vies (le couscous du défunt, la pastilla de la mariée,  les pâtes de l’accouchée,…). Un plat en dit long sur notre histoire et notre région. Il dévoile nos origines berbères ou arabes, les métissages de cultures… Un plat préparé parle pour nous. C’est une partie de nous qu’on offre, qu’on donne en offrande aux gens qu’on aime. C’est tout cela dont veut parler le livre avec une approche réaliste de la vie marocaine, un apprentissage du dialecte marocain, des histoires de héros de la vie courante et des légendes issues de notre patrimoine afin de faire voyager le lecteur à travers les pages et lui donner l’envie de réaliser le parcours des dix villes emblématiques dans un futur proche… cela ne rate pas ! Il s’agit d’un vrai circuit culturel, touristique, linguistique et romanesque que j’ai pensé et créé pour inciter à découvrir ce beau pays qu’est le Maroc ! Comme on dit chez nous : « Celui qui ne te connait pas te perd ! ».

 Que faites-vous de votre temps libre ?

J’ai une famille à gérer. Un restaurant à faire tourner. Je suis l’invitée régulière d’émissions de radio (France Bleu Roussillon), j’ai un prochain livre à sortir et plein de projets dans la tête…le temps libre ? J’connais pas !

Quels sont vos projets pour l’avenir ainsi que vos ambitions ?

En plus de mon deuxième livre, j’aimerai réaliser le reste de mes rêves ! Je suis très à l’aise avec les médias et j’adore le contact humain, c’est pourquoi, j’aimerais tant devenir chroniqueuse d’une émission TV (émission de coaching, talk show…). J’aurais aimé réaliser la version cauchemar en cuisine à la marocaine (humour garantie !). J’aimerais continuer à faire connaitre la culture, l’élégance et le savoir vivre marocains au-delà des frontières : Pourquoi ne pas devenir l’ambassadrice de mon pays à l’étranger afin de transmettre nos richesses ancestrales et démontrer que la femme marocaine peut être gardienne des traditions tout en vivant avec son temps !

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