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Raja Skogland : «L’essentiel est de s’adapter et se faire confiance»

Raja Skogland : «L’essentiel est de s’adapter et se faire confiance»
  • Marocains partout
  • 09 Juillet 2016 - 13:14
  • Rédaction (Oslo)

 

RENCONTRE – En Norvège, Raja Skogland, originaire de Béni Mellal, s’est faite une place au soleil. Entrepreneur, investisseuse et conseillère aux startups, cette jeune marocaine dynamique, âgée d’à peine 31 ans, ne vit que pour réaliser ses rêves. Pour elle, rien n’est impossible il suffit d’y mettre de la volonté, et croire en soi…

Marocainspartout : Parlez-nous un peu de vous ?

Raja Skogland : Je suis née à Beni Mellal il y a 31 ans. Je suis mariée à un Norvégien et maman d’un petit garçon. Je suis aussi une femme entrepreneur, une investisseuse, conseillère aux startups et philanthrope.

Qu’en est-il de votre cursus ?

Mon bac Science Eco spécialité Maths en poche, je suis partie poursuivre mes études à HEC Genève en Suisse. Je me suis alors tournée vers le secteur des banques où j’ai eu l’opportunité d’accéder à différentes fonctions et responsabilités, allant du trading, à la gestion de portefeuilles pour des familles fortunées du Proche-Orient en passant par à la gestion du risque opérationnel. Je suis également certifiée en gestion de projet. Dans ma carrière, j’essaie d’avancer vite sans perdre de temps, cherchant toujours à apprendre davantage et évoluer rapidement.

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis Chef des affaires commerciales de www.ShareMy3D.com. Une startup qui développe une technologie unique permettant de transférer en ligne des fichiers 3D allant jusqu’à 5 Go. Je suis en charge de leur stratégie commerciale, marketing et des réseaux sociaux. A côté, je conseille 3 startups Pluvinel.com, Growthitude.com et une 3e qui sera lancée à la fin de l’été. J’ai également investi dans 7 startups basées à Oslo. Toutes ces activités bien sûr sont très prenantes. C’est pour cela que j’essaie toujours de maximiser mon temps. Par exemple, je profite souvent de ma pause déjeuner pour rencontrer des entrepreneurs, les conseiller ou faire du réseautage. Ma passion c’est l’entrepreneuriat et aider les gens à mettre en exécution leur idée ou projet business. Comme Confucius l’a dit : « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ».

Comment pouvez-vous décrire la vie à Oslo ?

Il fait froid, très sombre l’hivers, tant dis que l’été le soleil ne se couche quasiment pas. C’est ce que je trouve le plus rude mais même les Norvégiens se plaignent du froid et l’obscurité hivernale. Mis à part ça, la Norvège est un pays extraordinaire, de tolérance, très égalitaire, où les femmes sont émancipées, libres, indépendantes et fortes. Les hommes eux sont extrêmement respectueux à l’égard de la femme et reconnaissent son mérite au sein de la société.

Comment avez-vous vécu vos premières années ici ?

Une des raisons pour lesquelles nous avions quitté la Suisse il y a 2 ans était que je voulais sortir de ma zone de confort, être amener à comme on dit en Anglais « think outside the box », quitter le monde que je connaissais pour me « recréer », explorer mon potentiel, mes capacités et voir ce dont j’étais capable. Je ne savais pas où j’allais, mais je savais une chose j’allais créer ma propre entreprise et/ou rejoindre une startup à haut potentiel. Quand nous sommes arrivées, mon fils avait quelques mois, je ne connaissais personne et je ne parlais pas la langue du pays. J’ai très vite compris que si je voulais concrétiser mon projet, je devais me connecter à d’autres entrepreneurs locaux. Le moyen le plus efficace était d’organiser un évènement mensuel, une rencontre pour entrepreneurs : drinkentrepreneurs.no. Utilisant intelligemment les réseaux sociaux, le premier évènement a réuni 70 entrepreneurs, les suivants entre 100 et 300 personnes, parmi eux entrepreneurs, investisseurs, journalistes et politiciens. Cela m’a permis de me faire très rapidement un nom au sein de la communauté des startups en Norvège. A partir de ce réseau, j’ai pu créer ma société d’investissement et de conseil aux entrepreneurs, cela quelques mois avant d’être approchée par ShareMy3D. Mes projets de créer ma propre entreprise et de rejoindre une startup à haut potentiel ont été ainsi réalisés.

Est-il facile pour une Marocaine de s’intégrer en Norvège ?

Je ne sais pas si c’est facile pour une Marocaine de s’intégrer. Je me vois comme une citoyenne du monde, une « Icissienne » comme dirait Djamel Debbouze. L’essentiel est de s’adapter rapidement, se faire confiance, être ouvert d’esprit et aller à la rencontre de l’autre.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

La liste est longue… mais pour le moment je vais me focaliser sur mes différentes activités et surtout celles au sein de ShareMy3D.

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